Chronique d'une femme enceinte : 9 mois

11 Avril 2021 #Grossesse # Endométriose # Maternité

Ah le 9ème et dernier mois, que c’est difficile de bouger son corps ! Et oui, ce n’est pas un mythe, le dernier mois est atrocement long ! Une seule envie A-CCOU-CHER ! Mon corps souffre, j'ai l’impression que ma petite asticotte pèse une tonne (au moins). Je n’arrive plus à marcher (faut dire que mes pieds ne rentrent plus dans mes chaussures), je ne dors plus les nuits : dos, parties intimes, bidou proche de l’explosion, rétention d’eau au maximum… Vous l’aurez compris j’ai hâte de la rencontrer hihi.

J’ai eu mon dernier RDV avec l'obstétricienne (une différente encore) à la maternité qui m’a de nouveau parlé de césarienne. J’ai pourtant assez de cicatrices comme ça, nan ?

Sinon, la gynécologue m’a programmé un RDV aux urgences à la date du terme terme (décision de déclenchement ouille) car Mlle qui risquait de sortir en avance, est finalement très bien au chaud ! En parlant de date… je regrette un peu d’avoir communiqué la date du terme, je sais que ça n’est pas malveillant mais les proches m’oppressent un peu ; si je ne réponds pas c’est que j’accouche grrr...

Bref, je résiste donc tant bien que mal, ma patience est mise à rude épreuve. J’ai voulu aller voir une sage-femme entre mon dernier RDV et le terme (une semaine avant) car j’avais la jambe gauche plus grosse que l’autre (entre autre). Et bien, impossible d’être reçue en consultation à la maternité, on m’a dit d’aller aux urgences gynécologiques de la maternité : SUPER !

Une fois là-bas, j’ai eu le droit à un check comme au mois 5, là ils ont fait ; analyse des urines, prise de sang et monitoring. Ils ont aussi vérifié la tension. Ils craignaient que je fasse une phlébite et finalement à ma grande surprise, ma tension waou était très haute. Du coup, on m’a pris la tension je ne sais combien de fois et puis on m’a dit après les résultats de la prise de sang que je pouvais rentrer chez moi. Je vous avouerais que j’aurais bien voulu qu’on me prescrive des bas hein. La sage-femme m’avait pourtant parlé de bas de contention mais ne m’en a pas prescrits…

Je commence à avoir peur d’être déclenchée et j’en ai tellement marre : je voudrais qu’elle sorte. Plus j’avance plus je suis capoute et mal en point alors forcément je me dis que je vais être méga lessivée quand ma fille pointera son nez après un effort physique aussi intense !

Du coup, j’ai pu peaufiner mon projet de naissance en spécifiant que dans la mesure du possible je ne souhaite pas porter le masque en pleine expulsion. Je ne vous cache pas que j’ai déjà tellement chaud avec aux moindres efforts et puis peut-être bête et purement égoïste c’est sûr mais j’aimerais que ma fille me voit sans masque à sa sortie. J’ai indiqué également que je voulais l’attraper ça peut paraître étrange haha même moi je vous avouerais que je ne pensais pas que cela serait un souhait. C’est lors d’un des cours de préparation que la sage-femme nous a raconté que certaines femmes attrapaient instinctivement leur enfant lors de l’accouchement...et voilà ça a trotté dans ma tête.

Bref, je ne vais pas vous divulguer mon projet naissance dans les moindres détails tout comme l’accouchement … d’ailleurs que cela était dur pour moi de savoir si j’étais en “travail” ou pas car j’ai tellement eu de contractions lors de ma grossesse et n’ayant pas eu d’enfant avant difficile de pouvoir faire une différence. Pour rappel, mes contractions étaient douloureuses tout au long de la grossesse… Alors, plein de choses trottaient dans ma tête comme le fait qu’on dit que les femmes accouchent un “jour de pleine lune” ou encore plus les lundis et jeudis… Je ne vous cache pas avoir eu du mal à savoir si j’allais accoucher. J’ai eu des contractions qui ont commencé un lundi matin de décembre vers 6h du matin, elles étaient quand même différentes de ce que j’avais pu connaître. J’ai appelé la maternité vers 8h30 en leur disant que j’avais des contractions rapprochées toutes les 3 minutes mais des fois 4 minutes et des fois 2 minutes…qui duraient quand même 30 secondes à bien 1 minute. J’ai sur les conseils de la sage-femme que j’ai eu au téléphone pris un spasfon et un doliprane. Dans l’attente, j’ai pris une douche et Roméo s’est levé. Je lui ai dit que je pensais fortement que ça devait être le jour J. Il m’a demandé s’il avait le temps de faire la vaisselle :) Nous nous sommes donc rendus après à la maternité.

Une fois arrivés, Roméo est resté dehors : MERCI COVID. J’ai moi-même fait la queue, et oui il ne faut pas croire qu’on est prioritaire hihi. On m’a demandé la fréquence de mes contractions, j’ai donc dit ce que je vous indiquais plus haut. Ca m’a fait sourire parce que la réflexion a été “c’est pas toutes les 5 minutes alors” ; et nan, je ne suis pas une pendule. Je n’ai d’ailleurs j’avais eu de contractions aussi régulières et avec une fréquence de 5 minutes mais de moins en l’occurrence et ce dès le début “du travail” ressenti comme quoi entre la théorie et la pratique ça varie d’une femme à l’autre (chaque grossesse est unique, n’est-ce pas ?). On m’a ensuite appelé dans la salle d’attente, je suis passée en “box” où j’ai eu le droit au check : monitoring, tension (toujours extrêmement haute), vérification du col, prise de sang, pose de perfusion et test PCR. On m’a ensuite indiqué que j’allais passer en salle de naissance et que Roméo allait pouvoir m’y rejoindre masqué, en somme se transformer en Zorro oh oh oh. Je ne savais pas trop quand il fallait demander la péridurale et quand j’ai posé la question on m’a dit que je pouvais “largement” alors vers midi hop pic pic dans le dos. J’avais déjà eu une ponction lombaire (sans anesthésie) du coup je connaissais la sensation que cela faisait, j’ai donc essayé de me détendre un maximum. Je n’ai appuyé sur la pompe de la péridurale qu’une ou deux fois au moment de la pose et après je n’en ai pas ressenti le besoin. Je sentais les contractions mais je ne souffrais pas = c’est magique. On a entendu une femme hurler de douleurs, j’étais bien contente d’avoir cette péridurale : merci la médecine. Je vous passe les détails mais j’ai attrapé notre asticotte en fin de journée. Je n’ai pas eu besoin de ventouse ou de forceps, bref l’accouchement hormis cette tension qui était impressionnante s’est bien passé. Bon, j’ai pas eu de bol car la sage-femme et l’étudiante qui l’accompagnait accouchaient 3 femmes en même temps et que j’étais la dernière… le risque était tout simplement que ce soit une autre sage-femme qui m’accouche alors que j’avais spécifié vouloir au maximum la même personne sur mon projet de naissance. Elles m’ont toutes deux dit de me retenir en me tendant le bipper si elle venait à descendre… avec le recul je trouve cela vraiment drôle. En tout cas, j’étais très zen. Seul (gros gros) point négatif, c’est que j’ai eu le droit à des déchirures horribles (et je vous assure que vous vous dites pourquoi n’ont-il pas fait une épisiotomie ?), j’ai senti mon corps faire CRAC sans avoir mal grâce à la péridurale.

Enfin, c’est tellement fort de voir un enfant sortir de soi, de se dire qu’on a fabriqué un être humain qu’on ne pense pas à autre chose qu’à ce moment fou. La grossesse n’a pas ressemblé à ce que j’aurais souhaité, mon corps a été mis à rude épreuve mais je ne me lasse jamais de regarder ma petite merveille.

J’en profite pour vous placer deux montages photos réalisés sur Pixiz, un site que je trouve rapide et efficace pour des “petits montages” en plus vous pouvez enlever le logo en bas à droite. Je vous mets l’évolution de ma grossesse et de ma cicatrice. Il paraît qu’il faut un an pour récupérer (tout je ne sais pas…) mais voilà car niveau perte de poids ça a été très vite mais pour le reste merci aux produits de beauté que je mets de manière très assidue.

Evolution mois par mois de ma grossesse

Evolution mois par mois de mes cicatrices

En ce qui concerne le séjour à la maternité, il a été bof forcément en temps de covid-19 c’est assez spécial : pas de visites, pas de sorties de la chambre. J’ai un peu eu l’impression d’être punie. En parlant de punition, je n’en ai pas parlé mais il a fallu que je demande à l’équipe médicale si je pouvais ôter mon masque lors de l’expulsion (que c’est moche dit comme ça). Ils ont bien voulu après avoir vérifié que mon test PCR était négatif mais si je ne l’avais pas demandé et si l’équipe n’était pas d’accord j’aurais dû le garder sur la tête !

Sinon, j’ai pu sortir une journée plus tôt en prenant le dispositif Prado (visites à domicile prévues par une sage-femme) et je dois avouer que j’étais bien contente de rentrer. Je n’ai pas eu de baby blues mais j’étais extrêmement fatiguée entre la carence en fer, et la tension (vertiges, et “sourde comme un pot”..) sans compter que mes parties étaient en feu, j’avais hâte de retrouver Roméo et qu’on soit deux à nous occuper de notre petit trésor.

Les trois semaines qui ont suivi l’accouchement, je ne vous cache pas que j’ai douillé un maximum entre les douleurs à l’utérus, aux déchirures, à la poitrine. Je n'ai pas échappé non plus aux bas de contention à porter sur 2 mois. Je peux  aussi d’ores et déjà vous dire que je n’échapperai pas à la rééducation périnéale. On met du temps à cicatriser (ok pas toutes), on se vide de son sang et on s’occupe d’un bébé c’est une expérience dingue, en fait, de faire un enfant. Je ne sais pas si le terme expérience est vraiment approprié mais je trouve qu’il y a peu de témoignages qui parlent de tout sans tabous. Moi-même, je ne vous raconte pas tout; c’est que y en a pas mal des choses pas glamours du tout. Et puis, difficile de retrouver son corps, difficile de l’exprimer quand vous nagez en même temps en plein bonheur et que l’on vous fait toujours cette comparaison à l’une de vos plaintes “oui, mais tu as un beau bébé” comme-si cela devait être lié. Chaque grossesse, chaque accouchement, chaque post-accouchement mais surtout chaque femme est différente et unique. Donnez la vie reste une chose incroyable : fabriquer des petites mains, des petits pieds...c’est fou. Mais avec le recul et un petit coup de mou qui est arrivé par la suite, j’ai eu cette impression qu’on m’a rentré dans la tête que “je n’aimais pas être enceinte” alors qu’au final c’est surtout parce que j’ai beaucoup souffert. Ca m’a un peu refait penser à la découverte de mon endométriose sévère, je me suis plainte et on me disait que c’était “normal” mais non avoir mal à chaque mouvement (ventre dur, cicatrice), choper un zona, avoir des contractions douloureuses, la rétention et j’en passe ça n’est pas normal. Il est vrai aussi que comme le suivi a été chaotique, j’ai fait confiance au corps médical, alors y avait-il des solutions je ne sais pas mais je pense qu’il faut s’exprimer, car finalement cela m’a culpabilisé plus qu’autre chose. Donc mon conseil à moi-même et à ceux qui vivraient une grossesse similaire ou pas d’ailleurs c’est vraiment de vous exprimer. On a le droit d’avoir mal et pas “que” à l’accouchement et surtout non ça n’est pas normal de souffrir.

En guise de conclusion de mes chroniques mois par mois, j’ai envie de vous dire que peu importe le déroulé car finalement certaines femmes ne s’arrêtent pas à un enfant qu’elles aient eu une grossesse compliquée ou non. Il paraît qu’on oublie ou que le bonheur est si grand que... :) à méditer.

Si vous souhaitez lire mes autres chroniques, n'hésitez pas à vous rendre sur la homme de capoplavie.com pour le mois 8 ça se passe ici.

N.B : Mois 9 - 35 SG à 39 SG / 37 SA à 41 SA selon le site journaldesfemmes.fr.

P.S : les articles sont écrits à date mais publiés en décalage, superstition oblige...et puis temps logistique etc. aussi bien sûr ! Mon petit coeur a maintenant 4 mois :)

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